Depuis mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a été officiellement renommé SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien). Ce changement de nom reflète mieux la nature complexe de cette maladie hormonale qui touche 10 à 13 % des femmes en âge de procréer. Qu'est-ce que le SMOP exactement ? Quels sont les symptômes, comment le diagnostiquer et quels traitements existent ?
Définition du SOPK (SMOP) : de quoi parle-t-on ?
Le SMOP (anciennement SOPK, ou PCOS en anglais) désigne le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. Ce trouble hormonal fréquent affecte les ovaires et le métabolisme. Selon l'OMS, il touche environ 10 à 13 % des femmes en âge de procréer.
Contrairement à ce que son ancien nom suggère, le SMOP ne correspond pas à un excès de kystes pathologiques. Il s'agit plutôt d'un excès de follicules immatures (follicules antraux) visibles à l'échographie. Cette précision est essentielle pour comprendre la nature réelle de ce dérèglement polyendocrinien.
Le SMOP représente la première cause d'infertilité féminine. C'est une maladie chronique qui nécessite un suivi régulier en endocrinologie. Jusqu'à 70 % des femmes concernées ne seraient pas encore diagnostiquées.
Pourquoi le SOPK change-t-il de nom ?
L'ancien nom « syndrome des ovaires polykystiques » était trompeur : il ne s'agit pas de véritables kystes ovariens, mais d'un excès de follicules antraux. Le nom donnait aussi l'impression qu'il s'agissait uniquement d'un problème gynécologique, alors que cette maladie affecte l'ensemble du système hormonal et métabolique. Le passage du SOPK au SMOP reflète mieux la réalité de cette pathologie polyendocrinienne.
Le 12 mai 2026, lors du Congrès européen d'endocrinologie à Prague, ce changement a été officialisé. Un consensus international, publié dans The Lancet et approuvé par 56 organisations médicales et associations de patientes, a validé cette nouvelle terminologie. L'objectif : réduire l'errance diagnostique et améliorer la sensibilisation des professionnels de santé.
Quels sont les symptômes du SMOP chez la femme ?
Les symptômes du SMOP varient d'une femme à l'autre et peuvent apparaître dès l'adolescence. Les signes les plus fréquents incluent des cycles irréguliers (règles espacées de plus de 35 jours, voire absentes), une pilosité excessive ou hirsutisme touchant le visage, le thorax ou le dos, de l'acné, une peau grasse et une chute de cheveux. Beaucoup de femmes constatent aussi une prise de poids, une fatigue chronique et des difficultés à concevoir.
Ces manifestations résultent d'un excès d'hormones masculines, notamment trop de testostérone chez la femme. Chez 70 % des femmes atteintes, l'hyperandrogénie provoque une pilosité marquée sur la lèvre supérieure, le menton ou d'autres zones androgéno-dépendantes. Tous les symptômes ne sont pas forcément présents, et leur intensité varie : certaines femmes vivent le SMOP de manière légère, tandis que d'autres ressentent un impact important sur leur quotidien et leur bien-être psychologique.
Quels sont les 4 types de SOPK ?
Le diagnostic du SMOP repose sur trois critères (hyperandrogénie, oligo-anovulation et ovaires polykystiques à l'échographie). La présence de deux critères sur trois permet de définir 4 phénotypes distincts.
Le phénotype A (H+O+P) regroupe les trois critères et représente la forme la plus sévère, avec une forte insulino-résistance et une production d'androgènes élevée. Le phénotype B (H+O) est le plus fréquent et associe hyperandrogénie et troubles de l'ovulation. Le phénotype C (H+P) présente une hyperandrogénie avec ovaires polykystiques. Le phénotype D (O+P) combine troubles ovulatoires et aspect échographique polykystique sans hyperandrogénie clinique.
La sécrétion de LH est particulièrement perturbée dans les phénotypes A et C, avec une inversion fréquente du rapport LH/FSH.
Diagnostic du SOPK : bilan hormonal, test et critères de Rotterdam
Le diagnostic du SOPK repose sur les critères de Rotterdam : au moins deux des trois critères suivants doivent être présents. Le premier critère concerne les irrégularités menstruelles (règles irrégulières ou absentes). Le deuxième est l'hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné sévère) ou biologique (taux élevés d'androgènes à la prise de sang). Le troisième correspond à une morphologie ovarienne polykystique visible à l'échographie pelvienne (au moins 20 follicules ou volume ovarien supérieur à 10 mL).
Le bilan hormonal comprend un dosage des androgènes (testostérone, androstènedione), des hormones FSH et LH, ainsi que de la prolactine et de la TSH pour écarter d'autres causes. La prise de sang s'effectue entre le 2ᵉ et le 5ᵉ jour du cycle menstruel. L'échographie pelvienne complète souvent ces examens.
L'errance diagnostique reste fréquente. Consulter des médecins spécialisés permet d'obtenir un diagnostic fiable et d'éviter des retards de prise en charge.
Traitements du SMOP : prise en charge et perte de poids
La prise en charge du SMOP repose sur un traitement symptomatique adapté à chaque patiente. En première intention, l'amélioration de l'hygiène de vie constitue la base : alimentation équilibrée et activité physique régulière. Une perte de poids de 5 à 10 % peut restaurer l'ovulation et réduire l'hyperandrogénie.
Plusieurs traitements médicamenteux ciblent les symptômes spécifiques. Pour l'infertilité, le citrate de clomifène ou le létrozole (inhibiteur de l'aromatase) stimulent l'ovulation. L'acétate de cyprotérone traite l'hirsutisme, tandis que la metformine améliore la résistance à l'insuline.
Lorsque les troubles de la fertilité persistent malgré ces traitements, un parcours PMA peut être envisagé. La fécondation in vitro représente l'étape ultime après échec des inductions d'ovulation.
FAQ sur le SOPK et le SMOP
Le SOPK est-il grave ?
Le SMOP n'est pas mortel, mais nécessite un suivi médical régulier. À long terme, cette affection peut entraîner des complications métaboliques comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires ou un syndrome métabolique.
Comment savoir si on a le SOPK ?
Consultez un médecin si vous présentez des signes d'alerte : cycles menstruels irréguliers ou absents, acné persistante à l'âge adulte, pilosité excessive sur le visage ou le corps, ou prise de poids inexpliquée. Seul un professionnel de santé peut confirmer le diagnostic par un bilan hormonal et une échographie.
Le SOPK est-il héréditaire ?
Le SMOP présente une forte composante héréditaire : 60 à 70 % des filles nées de mères atteintes développent des symptômes. Les chercheurs ont identifié des gènes de prédisposition, mais les facteurs environnementaux, notamment l'exposition aux perturbateurs endocriniens in utero, jouent également un rôle.
Quelle est l'indemnisation pour le SOPK ?
Le SMOP n'est pas automatiquement reconnu en ALD (Affection de Longue Durée). Selon la gravité des symptômes, votre médecin traitant peut demander une reconnaissance en ALD hors liste. Renseignez-vous auprès de l'Assurance Maladie sur les aides financières disponibles.
Quelle est la différence entre ovaire polykystique et micropolykystique ?
Les termes « ovaire polykystique » et « micropolykystique » décrivent la même réalité échographique : la présence de de nombreux petits follicules immatures visibles à l'échographie. Ces structures ne sont pas de véritables kystes pathologiques, mais des des follicules dont la maturation est bloquée.

