Le diabète peut avoir un caractère héréditaire, mais cela dépend du diabète de type concerné. Tous les diabètes ne se transmettent pas de la même façon, et l’hérédité n’explique pas tout. Opaline Santé, spécialiste de la prise de RDV infirmier, vous explique.

Le diabète de type 1 est-il héréditaire ?

Le diabète de type 1 a une part génétique, mais il n’est pas héréditaire au sens simple du terme. Il ne se transmet pas de façon automatique d’un parent à son enfant.

Ce diabète de type est une maladie auto-immune : le système immunitaire attaque les cellules du pancréas qui produisent l’insuline. Plus précisément, ce sont les cellules du pancréas responsables de la sécrétion d’insuline qui sont progressivement détruites. On peut parfois détecter des auto-anticorps avant même le diagnostic.

Il existe donc une prédisposition génétique, mais d’autres événements extérieurs semblent intervenir dans le déclenchement du diabète. Les raisons exactes ne sont pas encore totalement connues. Des infections, l’environnement ou d’autres facteurs pourraient jouer un rôle.

Autrement dit, avoir un parent atteint augmente le risque, mais ce risque reste relativement limité dans la plupart des cas. La survenue d'un diabète de type 1 chez un enfant n’est donc pas systématique, même si la présence chez le parent est un élément à prendre en compte.

Le diabète de type 2 est-il héréditaire ?

Oui, le diabète de type 2 a un poids familial beaucoup plus important. Son caractère héréditaire est plus marqué que celui du type 1.

Ce diabète de type est lié à une combinaison entre prédisposition génétique et mode de vie. Cela signifie qu’une personne peut avoir une susceptibilité familiale, mais que le développement du diabète dépend aussi d’autres facteurs : alimentation, sédentarité, excès de poids, âge, sommeil ou stress.

Dans la majorité des cas, le diabète de type 2 survient à l’âge adulte, mais il peut aussi apparaître à un jeune âge, notamment lorsque plusieurs facteur de risque sont présents. On observe aujourd’hui des cas chez l’adolescent ou le jeune adulte, ce qui était plus rare auparavant.

Si plusieurs membres de la famille sont atteints, notamment les membres de la fratrie, les parents ou les grands-parents, cela renforce la probabilité d’une présence de cette prédisposition. Cela ne veut pas dire que le diabète est inévitable, mais le poids de l'hérédité est réel.

Le diabète génétique MODY est-il héréditaire ?

Oui, le diabète MODY est une forme héréditaire bien identifiée. Il s’agit d’un diabète atypique, souvent diagnostiqué chez une personne jeune, parfois dès l’adolescence ou au début de l’âge adulte.

Le diabète mody est causé par une anomalie sur un seul gène, parfois appelée gène du diabète dans le langage courant. En réalité, plusieurs gènes différents peuvent être concernés. La présence d'une mutation suffit à favoriser l’apparition de la maladie, avec une transmission souvent directe d’une génération à l’autre.

On retrouve souvent dans la famille plusieurs personnes diabétiques sur plusieurs générations : un parent, un grand-parent, puis un enfant. C’est ce qui distingue cette forme d’un diabète de type 1 ou d’un diabète de type 2 classique.

Cette forme doit être évoquée devant un diabète diagnostiqué à jeune âge, sans surpoids marqué, et avec forte histoire familiale. Le diagnostic nécessite l’avis de professionnels de santé et parfois un test génétique.

Comment le diabète se transmet-il ?

Le diabète ne se transmet pas comme une infection. On ne “l’attrape” pas au contact d’une personne malade. Ce qui peut se transmettre, c’est surtout une vulnérabilité biologique, c’est-à-dire une susceptibilité familiale.

Selon le diabète de type, la transmission peut prendre plusieurs formes :

  • une prédisposition génétique complexe, comme pour le type 1 et le type 2 ;
  • une mutation précise transmise dans la famille, comme pour le MODY ;
  • plus rarement, certaines formes très précoces comme le diabète néonatal.

Le diabetes mellitus regroupe donc plusieurs maladies qui n’ont pas toutes le même mécanisme. Pour certaines formes, le rôle des gènes est important. Pour d’autres, l’environnement et le mode de vie ont aussi un rôle majeur.

Le diabète est-il génétique ou non ?

Oui, en partie. Mais “génétique” ne veut pas toujours dire “forcément transmis” ni “forcément déclaré”.

Dans le diabète de type 1, plusieurs gènes augmentent le risque, sans qu’un seul gène soit responsable. Dans le diabète de type 2, il existe aussi des liens possibles avec de nombreux variants génétiques, chacun ayant un effet modéré. Dans le MODY ou certains cas de diabète néonatal, en revanche, une mutation bien précise peut suffire à expliquer la maladie.

Il est donc plus juste de parler d’un spectre de situations allant de la faible possibilité de transmission à une transmission beaucoup plus nette. Le gène du diabète n’existe pas au sens unique, mais plusieurs anomalies génétiques peuvent favoriser la survenue d'un diabète.

Comparaison des risques de transmission

Voici un tableau simplifié pour mieux comprendre les risques familiaux selon le diabète de type concerné :

Situation familialeRisque Type 1Risque Type 2
Père atteint~ 6 %~ 40 %
Mère atteinte~ 3 %~ 40 %
Les deux parents~ 10 à 25 %~ 70 %
Frère ou sœur~ 5 %~ 10 à 40 %

Ces chiffres sont des estimations générales. Ils peuvent varier selon les familles, l’âge, l’origine et d’autres facteur de risque. On observe par exemple que le Père dans un tiers de certaines études semble transmettre un risque un peu plus élevé que la mère pour le type 1, sans que cela change profondément la prise en charge.

La présence chez le parent n’est donc pas une certitude de maladie chez l’enfant, mais elle peut justifier une surveillance plus attentive, surtout si d’autres éléments sont associés.

Comment attrape-t-on le diabète ?

On n’attrape pas le diabète comme on attrape un virus. Cette formulation est fréquente chez les patients, mais elle mérite d’être nuancée.

Le diabète de type 1 apparaît à cause d’un dérèglement immunitaire. Le type 2 résulte d’une interaction entre terrain familial et habitudes de vie. Les formes monogéniques comme le MODY dépendent d’une mutation transmise dans la famille. Le diabète néonatal, lui, apparaît chez le nourrisson et correspond à des mécanismes génétiques très particuliers.

Chez un patient, les circonstances diffèrent donc selon la forme de diabète. Une jeune patiente, une patiente trentenaire ou un enfant n’auront pas forcément le même mécanisme. C’est pourquoi il faut éviter les idées trop simples : le diabète ne vient pas d’une seule raison et il ne se résume pas à “avoir trop mangé sucré”.

Quelles sont les causes du diabète de type 2 ?

Le diabète de type 2 survient lorsque l’organisme n’utilise plus correctement l’insuline et que la production devient insuffisante avec le temps. La sécrétion d'insuline ne compense plus assez les besoins du corps.

Les principales causes ou situations associées sont :

  • la prédisposition génétique ;
  • le surpoids, surtout abdominal ;
  • le manque d’activité physique ;
  • une alimentation déséquilibrée ;
  • l’avancée en âge ;
  • certains troubles métaboliques ;
  • des antécédents familiaux de diabète ;
  • un antécédent de diabète gestationnel.

La glycémie à jeun peut rester normale pendant longtemps avant d’augmenter progressivement. C’est pourquoi un dépistage régulier est utile chez les personnes à risque.

Dans la majorité des cas, plusieurs causes se combinent. L’hérédité ne fait pas tout, mais elle constitue un facteur de risque important. Si un parent, un frère, une sœur ou plusieurs membres de la famille sont concernés, il faut être particulièrement attentif à la prévention.

Comment éviter le diabète d'origine héréditaire ?

On ne peut pas modifier ses gènes, mais on peut agir sur de nombreux facteurs qui influencent l’apparition du diabète, surtout pour le type 2.

Voici les mesures les plus utiles :

  • avoir une alimentation variée ;
  • pratiquer une activité physique régulière ;
  • maintenir un poids adapté ;
  • surveiller sa glycémie à jeun si on a des antécédents familiaux ;
  • consulter tôt en cas de fatigue, soif excessive ou urines fréquentes ;
  • rester suivi par des professionnels de santé.

En pratique, adoptant des habitudes quotidiennes plus favorables, on peut réduire le risque ou retarder la progression du diabète. Chez une personne prédisposée, cela peut changer beaucoup de choses. Sans cela, l’hérédité pèse davantage ; avec une bonne hygiène de vie, elle ne détermine pas forcément le destin.

Pour les parents inquiets pour leur enfant, il est utile de rappeler qu’on ne peut pas faire disparaître totalement le risque héréditaire. Mais on peut dépister plus tôt, surveiller les signes d’alerte et mettre en place un cadre favorable à la santé.

En cas de doute, votre médecin traitant peut vous orienter. Selon la situation, il pourra demander une glycémie à jeun, rechercher des éléments évocateurs d’un certain diabète de type, ou envisager une prise en charge spécialisée. Des ressources fiables existent aussi auprès de la Fédération française des diabétiques ou via l’Assurance maladie.

Âge, alimentation : quels sont les facteurs de risque ?

L'avancée en âge constitue un facteur de risque majeur pour le diabète de type 2. Passé 45 ans, les cellules deviennent moins sensibles à l'insuline, phénomène qui s'accentue naturellement avec le vieillissement. Cette résistance progressive explique pourquoi les diagnostics augmentent significativement après la cinquantaine.

Côté alimentation, certains comportements alimentaires amplifient considérablement les risques. La consommation excessive de sucres rapides et d'aliments ultra-transformés perturbe la régulation glycémique. Les repas irréguliers, le grignotage fréquent et les portions trop importantes sollicitent excessivement le pancréas.

L'association âge-alimentation crée un cercle particulièrement défavorable. Avec les années, le métabolisme ralentit tandis que l'activité diminue souvent. Si les habitudes alimentaires restent inchangées, la prise de poids devient quasi inévitable, augmentant drastiquement la probabilité de développer un diabète.