Le virus du Nil occidental circule cet été 2026 en Grèce, en Israël et en Italie, où plusieurs cas humains ont déjà été confirmés. En France, aucun cas autochtone n'était recensé au 8 juillet 2026. Cet article répond à vos questions sur cette infection par le virus transmise par les moustiques : symptômes, transmission, traitement et situation pays par pays.

En bref :

  • Le virus West Nile (ou fièvre du Nil occidental) se transmet par piqûre de moustique porteur, à partir d'oiseaux infectés ; il n'existe pas de traitement spécifique, mais la majorité des personnes infectées guérissent sans séquelles.
  • La Grèce et Israël ont chacune confirmé leurs premiers cas humains de la saison 2026, avec une surveillance renforcée des autorités sanitaires locales.
  • En France, aucun cas humain n'a été signalé cet été, à la différence de l'Italie, où la circulation du virus a démarré plus tôt que les années précédentes.

Qu'est-ce que le virus du Nil occidental ?

Le virus du Nil occidental (aussi appelé virus West Nile) est un arbovirus, c'est-à-dire un virus transmis par des arthropodes piqueurs comme les moustiques. Il appartient à la famille des Flaviviridae, la même famille que les virus de la dengue ou de l'encéphalite japonaise. Décrit pour la première fois en 1937 en Ouganda, dans la région du Nil dont il tire son nom, il a ensuite été identifié en Asie occidentale et au Moyen-Orient, avant de gagner le bassin méditerranéen puis l'Europe centrale au fil des décennies. Il a fait son apparition sur le continent américain en 1999, à New York : une première pour l'Amérique du Nord, qui a marqué le début d'une circulation durable du virus sur ce continent.

Le réservoir naturel du virus est constitué par les oiseaux. Plusieurs oiseaux de différentes espèces, notamment les corvidés et certains oiseaux migrateurs, hébergent le virus dans leur sang sans toujours développer de symptômes, ce qui en fait un oiseau porteur du virus idéal pour sa dissémination sur de longues distances. Les moustiques piquent ces oiseaux, s'infectent, puis transmettent le virus à d'autres animaux ou à l'humain lors d'une piqûre suivante. L'humain et le cheval sont ce qu'on appelle des hôtes accidentels du virus : ils peuvent tomber malades, mais leur sang ne contient pas assez de particules virales pour permettre à un moustique de s'infecter à son tour et de propager la maladie. Des animaux malades (chevaux notamment) ou une personne malade ne représentent donc pas un risque de transmission directe pour leur entourage.

En France, l'infection par le virus du Nil occidental, une maladie chez l'humain comme chez le cheval, fait partie des maladies à déclaration obligatoire depuis 2001. Concrètement, chaque cas humain confirmé doit être signalé aux autorités sanitaires, au même titre que d'autres maladies présentes sur la liste des maladies à surveillance renforcée. Cette déclaration permet de suivre la circulation du virus et d'adapter les mesures de lutte contre les moustiques.

Quels sont les symptômes du virus du Nil occidental ?

Selon les données de surveillance italiennes, environ 80 % des personnes infectées ne développent aucun symptôme. Lorsque la maladie se manifeste, on parle de fièvre du Nil occidental : les signes apparaissent en général entre 2 et 14 jours après la piqûre infectante, avec une apparition brutale de fièvre, de maux de tête intenses, de douleurs musculaires et articulaires. Certains patients présentent aussi une éruption cutanée sur le tronc, des douleurs abdominales, des nausées ou un gonflement des ganglions lymphatiques. Ces symptômes disparaissent en général en quelques jours à quelques semaines.

Dans moins de 1 % des cas, l'infection évolue vers des formes graves, dites neuro-invasives : méningite, encéphalite ou paralysie flasque aiguë. Ces complications neurologiques peuvent s'accompagner de symptômes respiratoires en cas d'atteinte sévère du système nerveux central, nécessitant parfois une assistance respiratoire. Le risque de forme grave augmente nettement avec l'âge : les personnes âgées de plus de 60 ans et les personnes immunodéprimées représentent la majorité des cas sévères et des décès recensés chaque année en Europe et aux États-Unis.

Comment attrape-t-on le virus du Nil occidental ?

La transmission du virus se fait presque exclusivement par piqûre de moustique. Les moustiques du genre Culex, actifs surtout au crépuscule et la nuit, constituent le principal vecteur en Europe et au Moyen-Orient : ils piquent un oiseau porteur du virus, puis transmettent l'infection lors d'un repas de sang suivant, chez l'humain ou le cheval. Le moustique tigre (Aedes albopictus), déjà connu pour la dengue et le chikungunya, est un vecteur secondaire suivi de près par les autorités sanitaires, sans qu'un rôle majeur dans la circulation du virus du Nil occidental n'ait été démontré à ce jour.

La circulation du virus dépend directement de la présence de gîtes larvaires, ces points d'eau stagnante où les moustiques pondent leurs œufs : coupelles de pots de fleurs, gouttières bouchées, culs-de-sac de canalisations extérieures ou bassins d'ornement non entretenus. Réduire ces points d'eau autour du domicile limite la reproduction des moustiques et, par conséquent, le risque d'infection par le virus.

En dehors de la piqûre de moustique, la transmission peut exceptionnellement survenir lors de dons de sang, de transfusions sanguines ou de transplantations d'organes provenant d'un donneur infecté, ainsi que, plus rarement encore, pendant la grossesse ou l'allaitement. C'est pourquoi les établissements de transfusion sanguine renforcent les contrôles dans les zones où le virus circule activement, en particulier pendant la période estivale.

Est-ce que le virus du Nil se guérit ?

Oui, dans l'immense majorité des cas. Une personne malade développant une fièvre du Nil occidental sans complication récupère complètement en une à deux semaines, avec parfois une fatigue persistante pendant quelques semaines supplémentaires. Le diagnostic repose sur une méthode de diagnostic biologique : recherche d'anticorps IgM spécifiques dans le sang, ou détection directe du génome viral par RT-PCR (une technique de biologie moléculaire qui amplifie et identifie l'ARN du virus) dans le sang ou le liquide céphalo-rachidien en début d'infection. Le diagnostic d'une infection au virus du Nil occidental doit être évoqué par le médecin devant une fièvre inexpliquée après un été passé dans une zone où le virus circule.

Pour les formes neuro-invasives, la guérison est plus longue et la prise en charge hospitalière plus lourde : certains patients, en particulier les personnes âgées, gardent des séquelles motrices ou cognitives durables après une méningite ou une encéphalite liée au virus. Le pronostic dépend largement de la rapidité de la prise en charge médicale et du terrain du patient.

Quel est le traitement pour le virus du Nil occidental ?

Il n'existe à ce jour aucun traitement spécifique, c'est-à-dire aucun antiviral ciblant directement le virus du Nil occidental chez l'humain. La prise en charge reste symptomatique : repos, hydratation, antalgiques et antipyrétiques pour les formes simples ; hospitalisation, surveillance neurologique et soutien des fonctions vitales pour les formes graves.

Côté prévention, aucun vaccin contre le virus n'est aujourd'hui autorisé pour l'humain, malgré plusieurs pistes de recherche à l'étude depuis les années 2000. La situation est différente pour les chevaux : des vaccins pour les chevaux existent et sont utilisés dans plusieurs pays européens pour limiter les cas cliniques graves chez cet animal particulièrement sensible au virus. En l'absence de vaccin pour l'homme, les mesures de protection individuelles restent le seul rempart efficace :

  • appliquer un répulsif anti-moustique sur les zones de peau découvertes ;
  • privilégier le port de vêtements couvrants, amples et clairs en fin de journée et la nuit ;
  • installer des diffuseurs électriques ou des moustiquaires aux fenêtres dans les zones où le virus circule ;
  • vider régulièrement les coupelles, gouttières et autres points d'eau stagnante autour du logement.

À l'échelle collective, la lutte contre le virus passe par l'élaboration de programmes complets associant surveillance humaine, surveillance animale (oiseaux et chevaux) et surveillance entomologique des moustiques, coordonnés par les agences sanitaires nationales en lien avec les autorités locales.

Où en est la contagion en Grèce et en Israël ?

En Grèce, sept cas humains de virus du Nil occidental étaient confirmés au 15 juillet 2026, chez des personnes âgées de 62 à 86 ans. Six d'entre elles ont développé des symptômes et ont été brièvement hospitalisées, tandis qu'une septième personne est restée asymptomatique ; aucun décès n'était à déplorer à cette date. Les premiers cas de la saison ont été diagnostiqués à Agia Paraskevi puis à Glyfada, dans la banlieue d'Athènes, ce qui a conduit l'organisation nationale de santé publique grecque (EODY) et la région d'Attique à organiser des campagnes de pulvérisation anti-moustiques autour de ces communes. Les autorités rappellent que le virus se transmet uniquement par piqûre de moustique et jamais d'une personne à l'autre.

En Israël, le ministère de la Santé a confirmé le 16 juillet 2026 le premier cas humain de la saison, chez un homme résidant à Tel-Aviv. À cette date, la surveillance de routine n'avait pourtant détecté aucun moustique porteur du virus, ce qui a conduit le ministère de la Protection de l'environnement à demander aux autorités locales de renforcer la surveillance entomologique et les campagnes de sensibilisation du public. Ce regain de vigilance s'explique aussi par le souvenir de la saison 2024, particulièrement sévère, au cours de laquelle plus de 930 cas et 73 décès avaient été recensés dans le pays. Ce précédent illustre le risque sanitaire que représente le virus dans les régions du Moyen-Orient où il circule de façon endémique, au même titre qu'en Amérique du Nord ou aux États-Unis, où plusieurs milliers de cas sont rapportés chaque année selon les autorités sanitaires américaines.

Des cas de transmission ont-ils été recensés en France ?

Non, pas pour l'instant. Selon le bulletin de surveillance renforcée publié par Santé publique France le 8 juillet 2026, aucun cas autochtone de virus du Nil occidental n'avait été identifié en France hexagonale depuis le début de la saison de surveillance, le 1er mai 2026. Cette absence de cas ne signifie pas que le territoire est à l'abri : lors de la saison 2025, 39 cas autochtones avaient été confirmés dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, dont, pour la première fois, dans le département des Pyrénées-Atlantiques.

La circulation du virus du Nil occidental reste historiquement concentrée dans le pourtour méditerranéen français, là où les moustiques du genre Culex et les populations d'oiseaux favorisent son maintien saisonnier. Aucun cas humain autochtone n'a en revanche jamais été rapporté en Île-de-France, où la surveillance porte davantage sur les arboviroses transmises par le moustique tigre, comme la dengue ou le chikungunya. Santé publique France maintient une surveillance sur l'ensemble du territoire métropolitain jusqu'au 30 novembre, période d'activité des moustiques vecteurs.

Des cas de transmission ont-ils été recensés en Italie ?

Oui, et la saison 2026 se distingue par une circulation du virus particulièrement précoce. En Émilie-Romagne, le système de surveillance a détecté le virus chez des moustiques dès la mi-juin 2026, du jamais-vu depuis le début de la surveillance régionale en 2008. Les premiers cas humains de l'année ont ensuite été confirmés dans six régions : le Piémont (deux cas dans la province de Novare, les 1er et 8 juillet 2026), la Vénétie, l'Émilie-Romagne, la Sardaigne, la Campanie et le Latium, où un patient de 29 ans hospitalisé à Latina est sorti sans complication.

Cette avance sur le calendrier habituel inquiète les infectiologues italiens, qui redoutent une flambée spectaculaire comparable à celle de 2024, année où l'Italie avait recensé le plus grand nombre de cas autochtones de toute l'Europe, avec 449 cas selon les données consolidées par les autorités sanitaires européennes. La combinaison de températures élevées, favorables à la reproduction des moustiques, et d'une circulation du virus détectée tôt dans la saison laisse présager une année de grande ampleur, justifiant le renforcement des mesures de surveillance et de lutte antivectorielle dans les régions concernées.