En ce mois de mai 2026, beaucoup de patients ont le sentiment que leurs allergies au pollen ont commencé plus tôt, durent plus longtemps et provoquent davantage de gêne. Cette impression est justifiée : les pollens sont particulièrement présents cette année. Opaline Santé vous explique.

Quelles allergies sont fréquentes au mois de mai ?

Au mois de mai, les allergies les plus fréquentes sont liées au pollen dans l’air. À cette période, plusieurs familles de plantes à fleurs libèrent leurs grains polliniques, ce qui favorise les réactions allergiques chez les personnes sensibles.

Les allergies les plus courantes concernent :

  • les graminées au printemps ;
  • les pollens d’arbres comme le chêne, le platane, l’olivier ou le peuplier ;
  • parfois encore certains pollens de bétulacées, dont le bouleau, en fin de saison dans certaines zones.

Ces espèces végétales suivent chacune leur période de pollinisation, mais en 2026, ces périodes ont tendance à se chevaucher davantage.

Le pic d'allergies au graminées en mai

Les graminées constituent le principal problème allergique du mois de mai. Elles regroupent notamment des herbes, des gazons, des graminées fourragères et certaines graminées céréalières. Ce sont des plantes à graines très répandues, en ville comme à la campagne.

Pourquoi ce pic en mai ?
Parce que c’est leur grande période de pollinisation. En 2026, cette saison a commencé avec environ deux semaines d’avance dans de nombreuses régions. La douceur hivernale et les épisodes de chaleur précoces ont favorisé le développement des plantes avant l’apparition habituelle des pics polliniques.

Conséquence : la concentration dans l’air des pollens de graminées est déjà élevée à très élevée, avec un temps fort attendu jusqu’en juillet. Pour les personnes allergiques, cela se traduit souvent par plus de crises d’éternuements, d’yeux irrités ou de gêne des voies respiratoires.

Chêne, platane, olivier, peuplier : les allergies au pollen des arbres

En mai, les pollens d’arbres restent également un sujet important. Le chêne est encore bien présent, l’olivier progresse surtout dans le sud, le platane termine sa saison dans plusieurs régions, et le peuplier peut encore provoquer des symptômes chez certaines personnes.

Pourquoi ce pic ou ce maintien en mai ?
Habituellement, les arbres laissent davantage la place aux graminées à cette période. Mais en 2026, les saisons se chevauchent. Certaines plantes à fleurs ont commencé leur floraison plus tôt, et d’autres ont prolongé leur émission de pollen.

Il faut aussi noter que l’allergie au bouleau a été particulièrement marquante cette année. Même si sa saison se termine, elle a pu fragiliser les muqueuses de certaines personnes, rendant ensuite les symptômes d’allergie plus marqués au contact d’autres pollens.

Pourquoi les allergies saisonnières semblent plus fortes ?

Beaucoup de patients décrivent des allergies saisonnières plus agressives qu’avant. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer.

D’abord, les plantes produisent davantage de pollen. L’augmentation du CO2 agit comme un fertilisant : elle stimule la croissance de certaines plantes et peut augmenter la quantité de pollens émis, ainsi que leur pouvoir allergisant.

Ensuite, la pollution atmosphérique joue un rôle. Elle fragilise les grains de pollen dans l’air, qui peuvent se fragmenter en particules plus fines. Celles-ci pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires et accentuent les symptômes chez les personnes sensibles.

Enfin, le chevauchement des saisons polliniques fatigue davantage l’organisme. Au lieu d’avoir une seule phase allergique bien identifiée, certaines personnes enchaînent plusieurs expositions : bouleau, chêne, puis graminées. Ce phénomène peut donner l’impression d’un printemps sans répit.

Quelle météo favorise les pics de pollen et les allergies ?

La météo a une influence directe sur la quantité de pollen dans l’air.

Les situations les plus favorables aux pics allergiques sont :

  • le temps sec ;
  • le vent ;
  • les journées douces à chaudes ;
  • l’absence de pluie prolongée.

Quand le temps est sec et venteux, les grains de pollen circulent plus facilement et restent davantage en suspension. Le temps les symptômes deviennent alors souvent plus marqués, surtout après plusieurs jours sans pluie.

À l’inverse, la pluie a souvent un effet temporairement bénéfique, car elle plaque les pollens au sol. Mais après une période humide suivie d’un redoux, la végétation peut repartir fortement, avec une nouvelle hausse quelques jours plus tard.

Si vous passez du temps à l’extérieur, les expositions sont généralement plus importantes en fin de matinée et en journée. Pour les personnes allergiques, mieux vaut adapter les sorties quand les niveaux sont élevés.

Quel est le calendrier annuel du pollen ?

Le calendrier pollinique varie selon les régions, l’altitude, la météo et les années. Mais on retrouve globalement cette chronologie :

  • fin d’hiver - début de printemps : cyprès, noisetier, aulne ;
  • printemps : bouleau, frêne, platane, chêne ;
  • mai à juillet : graminées ;
  • été : herbacées selon les zones ;
  • fin d’été - début d’automne : ambroisie dans certaines régions.

Ce calendrier est utile, mais il n’est plus totalement stable. En 2026, plusieurs saisons polliniques ont commencé en avance. Les plantes avant l’apparition habituelle de leur saison ont profité d’un hiver doux, ce qui a modifié le rythme habituel de diffusion des pollens.

Yeux qui piquent, nez bouché : quels sont les symptômes des allergies de printemps ?

Les symptômes des allergies de printemps sont souvent très évocateurs. Les plus fréquents sont :

  • nez qui coule ou nez bouché ;
  • éternuements répétés ;
  • démangeaisons du nez, de la gorge ou du palais ;
  • yeux rouges, larmoyants, qui piquent ;
  • fatigue ;
  • gêne respiratoire.

Chez certaines personnes, il s’agit d’un rhume des foins ou d’une rhinite allergique. D’autres peuvent avoir une toux, une sensation d’oppression, voire une respiration sifflante si les bronches sont touchées.

Les symptômes pendant ces périodes peuvent ressembler à un rhume, mais ils reviennent chaque année, durent plus longtemps et ne s’accompagnent pas forcément de fièvre. En cas de doute avec une infection virale, un avis médical peut aider à faire la différence.

Où consulter la carte du pollen ou bulletin pollen ?

Pour suivre les niveaux de pollens, vous pouvez consulter une carte ou un bulletin spécialisé. Ces outils donnent des informations utiles sur le risque allergique selon les régions, les types de pollen et la période.

En France, ces données sont diffusées notamment via des organismes de surveillance de l’air et par le réseau national de surveillance des allergènes. Le bulletin pollen permet de savoir quels pollens circulent, à quel niveau et dans quelles zones du territoire français.

C’est particulièrement utile avant des déplacements, des sorties prolongées ou des activités sportives en extérieur.

Comment savoir si l'on est allergique au pollen ?

Si vous présentez chaque année les mêmes symptômes d’allergie au printemps, il peut s’agir d’une allergie aux pollens. Le diagnostic repose sur plusieurs éléments :

  • la période d’apparition des symptômes ;
  • leur répétition d’une année à l’autre ;
  • leur aggravation en extérieur ;
  • leur amélioration lors des jours de pluie ou en intérieur.

Votre médecin traitant peut faire un premier bilan, puis vous orienter si besoin vers des allergologues. Ceux-ci peuvent proposer des tests cutanés ou des prises de sang pour identifier les pollens responsables : graminées, chêne, olivier, ou encore bouleau.

Identifier précisément l’allergène permet d’adapter le traitement et de discuter d’une éventuelle désensibilisation.

Comment calmer une allergie sans médicament ?

Il est possible de limiter les symptômes par des mesures simples, même si elles ne remplacent pas toujours un traitement.

Voici quelques conseils utiles :

  • aérer le logement tôt le matin ou après le coucher du soleil ;
  • éviter de faire sécher le linge dehors ;
  • se laver les cheveux le soir ;
  • rincer le nez au sérum physiologique ;
  • porter des lunettes de soleil pour protéger les yeux ;
  • se changer après être resté dehors ;
  • limiter les sorties quand les pollens sont très élevés.

Pour les yeux, le port de lunettes peut réduire le contact avec les particules au niveau des yeux. Après une promenade ou un trajet à vélo, un rinçage du visage peut aussi soulager.

Certaines personnes s’intéressent aux huiles essentielles, mais elles doivent être utilisées avec prudence. Elles ne conviennent pas à tout le monde et ne remplacent pas un avis médical, surtout en cas d’asthme ou de terrain allergique.

Quel est le pire mois pour les allergies ?

Il n’existe pas un seul pire mois valable pour tout le monde, car cela dépend du pollen auquel vous êtes sensible.

Mais pour beaucoup de patients, le mois de mai fait partie des périodes les plus difficiles. C’est souvent le moment où les graminées au printemps commencent à dominer, tout en coexistants encore avec certains pollens d’arbres.

En 2026, mai est particulièrement problématique, car :

  • la saison des graminées est en avance ;
  • le risque est élevé à très élevé dans de nombreuses régions ;
  • certains pollens d’arbres sont encore actifs ;
  • le temps sec et venteux favorise la dispersion.

Pour beaucoup de personnes allergiques, mai et juin représentent donc la période la plus inconfortable.

Comment fonctionne la désensibilisation au pollen ?

La désensibilisation, aussi appelée immunothérapie allergénique, consiste à habituer progressivement l’organisme à l’allergène responsable. L’objectif est de réduire les réactions allergiques et d’améliorer durablement la qualité de vie.

Concrètement, on administre de petites doses de l’allergène, puis on les augmente progressivement sur une longue durée. Le traitement peut être proposé pour certaines allergies bien identifiées, notamment les allergies au pollen de graminées.

La désensibilisation est envisagée lorsque :

  • les symptômes sont importants ;
  • les traitements soulagent mal ;
  • les allergies reviennent chaque année ;
  • la gêne altère le sommeil, le travail, les sorties ou les activités sportives.

Elle se discute avec un médecin ou un allergologue. Ce traitement ne donne pas un résultat immédiat, mais il peut réduire la gêne au fil des saisons et limiter l’atteinte des voies respiratoires.